Prénom, CB500, Nom,
Honda, sexe féminin, 3 ans d'âge, un an et deux mois de vie
commune, 40 000 km, robe verte, non carénée, mais néanmoins
rehaussée d'une bulle haute.
La première fois que
je t'ai vue, je débarquais avec mon permis tout neuf : j'ai eu peur.
Je t'ai trouvée énorme et pensé que tu étais
bien plus lourde que la GSE500, sur laquelle j'avais passé le permis.
Première
prise en main, de nuit, sous la pluie : glissades innommables au freinage
(= arrêt en plein milieu de croisement) et hoquetage à chaque
rétrogradage. Orluc, de moto coin-coin, et également ton
vendeur, hallucinait de mes performances. "Bizarre, elle ne m'a jamais
fait ça. Mais bon, le pneu avant est neuf et puis, tu relâches
peut-être trop vite la poignée d'embrayage". Indulgent,
qu'il était.
Depuis, j'ai appris à
rouler sous tous les temps, à me faufiler entre les files de voitures
embouteillées, à résister aux automobilistes pas toujours
gentils, qui dégorgent d'insultes à notre égard, parfois,
et à rouler sur Carole. A propos, il faudrait qu'on y retourne,
sur circuit, pour approfondir le jeté de fesses dans les paraboliques.
On a aussi fait 3 600 bornes
cet été, passagère et bagages en sus, presque sans
frayeur. Du calme, titine! je leur conte juste quelques anecdotes. Tu te
souviens, il y a eu ce matin où, en plein virolo, je suis allée
faire bisou-bisou avec le bord du fossé opposé à ma
voie: arrêt, coeur battant, à un brin d'herbe du trou.
Puis, cette autre fois, où,
toujours en plein virage, je me retrouve nez à nez avec un autocar
de polaks. L'immonde véhicule se trouvait, style kamikaze, arrêté
sur ma file, en sens inverse du trafic, attendant connardement qu'une cybermotarde
comme moi, vienne s'emplafonner sur sa plaque avant. Pour que j'y mette
un peu de couleurs. C'était compter sans l'instinct de conservation
qui, on le sait, est très dé-ve-lo-ppé chez les motards.
Enfin, last but not least,
une virée en montagne, qui s'annonçait, ma foi, prometteuse
(pluie, brouillard) où, j'ai explosé, pour de bon, ta poignée
de frein : Bibi, qu'a voulu faire des siennes en tentant de te faire virer,
de l'amont vers l'aval d'une pente à 70° (au moins)... Devines
quoi, j'ai perdu l'équilibre, j'ai rompu ta poignée de frein
avant et on est retourné dans la vallée à 40 km/h.
Honteuse.
Mises à part ces étourderies,
quel plaisir ce fut de rouler sur ces petites routes du littoral vendéen,
de l'Allier, des montagnes d'Annecy, sur la Route Napoléon et dans
l'arrière-pays niçois. Le souffle chaud de l'air d'été,
les couleurs magnifiques, les paysages à se sentir humble, et les
moustiques, moucherons, papillons, par centaines, qui ont certainement
regretté de nous avoir rencontrées...
C'est dire, que pour cette
concentre de printemps, depuis Paris jusque dans les montagnes auvergnates,
je suis fin prête! Fi des réflexions moqueuses, j'assume toutes
mes maladresses.
A Toi, Ô ma titine, moto de
mes débuts, que j'espère convoyer sur les sommets volcaniques
du pays des charbougnas.
(Oui, oui, c'est bien moi là)
Nathalie
Mathieu